Projet au Viet-Nam

La culture du Cacao au Vietnam, présentation de l’équipe et problématique.

La culture du cacao est très récente au Vietnam. Après plusieurs essais par des Français durant la colonie, puis des Américains et des Russes, les agriculteurs rasaient leur culture de cacaoyers dès qu’elles n’étaient plus commercialement viables. Au début des années 2000, des chercheurs de l’Université de l'agriculture et sylviculture de Nong Lam, dont le Pr. Phuoc ont ré-introduit le cacaoyer (une dizaine d’hybrides de Trinitario), la culture du cacaoyer est de mieux en mieux perçue en raison des prix élevés et croissants. Actuellement on dénombre environ 48 000 cultivateurs de cacao dans le sud du Vietnam, du Delta du Mékong aux régions centrales.




Bureaux à l’université de Nong Lam

Bureaux à l’université de Nong Lam

L’Université de Nong Lam accueille 2 équipes, la première est composée par le Pr. Phuoc, son assistante Mme Tuyet, Hans Wigner-Wagner (de la coopération allemande GIZ, et Ritter sport) et M. Luong. Dans le bureau d’à côté, on peut rencontrer M. Phuong et Mme Vuong de l’ONG suisse Helvetas qui travaillent sur la certification biologique des cultures de cacao. Ces personnes se rendent régulièrement sur le terrain, deux régions sont particulièrement suivies: le Delta du Mékong, et plus précisément les provinces de Ben Tre et de Tiền Giang, ainsi que la région du sud-est, plus spécialement la province de Đồng Nai.

Je me suis rendu pour l’instant dans ces 2 régions en tant qu’observatrice, Hans Wigner-Wagner et M. Luong allaient pour tailler et former les agriculteurs à la taille. Le travail est plus ou moins difficile selon l’âge des cacaoyers, la tâche se fait rude quand il s’agit de cacaoyers de 5-7 ans qui n’ont pour la plupart jamais été taillés.



Taille des Cacaoyer dans la parcelle d’expérimentation du Pr. Phuoc à l’UNL.

Taille des Cacaoyer dans la parcelle d’expérimentation du Pr. Phuoc à l’UNL.

L’objectif de mon étude est d’analyser la situation des systèmes agroforestiers ayant comme espèce dominante le cacao dans le Sud du Vietnam. La culture du cacao se développe au Vietnam, mais l’expansion de cette agriculture prend peu en compte la situation écologique, économique, politique et sociale du pays. Ce travail cernera les avantages et désavantages écologiques, sociaux et économiques de ce système de culture, et ainsi permettra de voir les possibilités de développement plus durable.

Formation pour la taille des cacaoyers par Hans à gauche et Mme Tuyet à sa droite qui traduit.

Formation pour la taille des cacaoyers par Hans à gauche et Mme Tuyet à sa droite qui traduit.

La réalisation de cet objectif global conduira plus à décrire les différents modes de culture du cacao au Sud du Vietnam (systèmes agroforestiers, monocultures, intercalaires). Il s’agira aussi d’évaluer la rentabilité financière de différents systèmes de culture du cacao avec le gradient de diversification pouvant exister dans le sud du Vietnam.






Parcelle de culture de cacaoyers avec légumineuses et bananiers

Parcelle de culture de cacaoyers avec légumineuses et bananiers

Le but étant de comparer la stabilité des revenus, par une évaluation économique sur 1 an en fonction de la variation de la production en fruitiers et forestiers, des prix des intrants, et des prix des produits. L’étude sur l’analyse de la rentabilité financière des systèmes agroforestiers contribuera donc pleinement à donner des informations sur la profitabilité de cet investissement. Qu’est ce qui fait que les systèmes agroforestiers sont plus rentables et plus stables que les autres systèmes de culture ? En quoi les systèmes agroforestiers sont-ils une bonne option pour le développement de la culture du cacao dans le sud du Vietnam ?

Pour atteindre ces objectifs, je vais rencontrer différents acteurs du cacao au Vietnam, des agriculteurs en premier lieu mais aussi des acheteurs, des chocolatiers, des techniciens et chercheurs ainsi que des associations.








Carte du sud du Vietnam et des régions suivies par l’université

Carte du sud du Vietnam et des régions suivies par l’université

 

Un weekend de terrain dans la province de Lam Dong

Au dernier plan une parcelle déforstéee

Au dernier plan une parcelle déforstéee

Un weekend de terrain c’est debout à 4h du matin le samedi, en selle à 4h30 sur un taxi moto bike direction le 497 Le Hong Phong street dans le district 10 pour y prendre un minibus plus ou moins rempli selon les weekends. 3 heures plus tard et 110000vnd (~4€) en moins dans la poche, arrivée dans la province de Dinh Quan. Je m’installe au stand d’une marchande de sandwich pour y siroter un jus de canne à sucre, avant de repartir en scooter en compagnie de Mr Hoa (gestionnaire des ressources pour la compagnie Marou chocolat) et de Vinh son neveu. Direction Lam Dong province, environ 30 minutes de scooter. Sur la route on peut contempler un paysage vallonné d’origine volcanique, des rizières dans le fond des vallées, mais surtout apercevoir les résidus de la déforestation.




Quand on arrive dans une ferme la plupart du temps Mr Hoa me présente, on va visiter la parcelle de cacaoyer puis on commence l’entretien. En moyenne c’est environ 45 min de questions-traductions-discussions. Le questionnaire est bâti autour de trois axes: les données générales sur l’agriculteur, la production de la parcelle (des cacaoyers, des espèces secondaires et animale) et la gestion de la parcelle : les pratiques culturales telles que la taille, la fertilisation, les traitements et l’irrigation y sont abordées.

Parcelle de Mr Xuan, qui cultive des caféiers et des cacaoyers en intercalaire

Parcelle de Mr Xuan, qui cultive des caféiers et des cacaoyers en intercalaire


Parcelle de Mr Duong, qui cultive les cacaoyers à l’ombre des cajous

Parcelle de Mr Duong, qui cultive les cacaoyers à l’ombre des cajous


Mr Doai aide Mr Duong pour la récolte des cabosses

Mr Doai aide Mr Duong pour la récolte des cabosses

Ainsi tous les agriculteurs interrogés fournissent des informations sur les variables suivantes : 1° la participation ou non à un programmes de recherches, de formation ou de club de fermiers; 2° la certification ou non de leur parcelle (UTZ, biologique, etc) ; 3° l’année d’établissement, 4° l'année de la création de la plantation de cacao, 5° les cultures ayant précédées les cacaoyers; 6° le nombre d’employés et les temps de travail ; 7° l’outillage; 8° enfin pour chaque espèces cultivées : les données de production moyenne par mois, les acheteurs, les prix d’achats, le moyen de régénération (semis, greffes, achats de plants), le nombre annuel des opérations culturales effectuées (élagage, fertilisation minérale, désherbage, insecticide et traitements fongicides) ainsi que les quantités utilisées et les prix. Je finis toujours l’entretien en demandant aux agriculteurs s’ils ont des questions ou des commentaires en plus, la plupart du temps ils expriment leur ressenti par rapport à la culture du cacao. A Lam Dong par exemple c’est une culture très jeune, le cacao a été planté en moyenne en 2009 et commencent tout juste à produire. Les agriculteurs n’ont pas les connaissances techniques nécessaires à la culture du cacao (certains suivent des formations avec des programmes tel que Success Alliance d’ACDI voca, ou avec l’université de Nong Lam), la plupart ne s’investissent pas totalement dans la culture des cacaoyers car les prix actuels ne les découragent pas. Enfin, alors qu’ils étaient habitués à des cultures robustes comme le café, le durian, le jacquier ou le cajou, les cacaoyers, eux, sont toucher par un plus grand nombre de maladies.

Le repas du midi c’est déroulé chez la soeur de Mr Hoa qui habite le district, au menu soupe de bambou, canard, porc et riz. La famille de Vinh m’accueille pour la nuit et le lendemain 7h c’est reparti pour visiter les fermes d’autres villages. Au total ce weekend là 10 fermes auront été visitées. Le weekend prochain destination la province de Ba Ria - Vung Tau.

 

Moto de Mrs Kûu (femme de Mr Doai) qui vient acheter des cabosses pour les fermenter chez eux.

Moto de Mrs Kûu (femme de Mr Doai) qui vient acheter des cabosses pour les fermenter chez eux.

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